Warning: ob_start(): output handler 'ob_gzhandler' conflicts with 'URL-Rewriter' in /home/ententef/www/wp-content/themes/headway/library/common/functions.php on line 99
La connexion que nous recherchons tous | Entente féminine
La connexion que nous recherchons tous

La connexion que nous recherchons tous

Nous voici, au début de 2017 et les tardifs parmi nous courent pour préparer leurs vœux avant que le couperet tombe. Que souhaiter pour cette année? La santé? C’est une grande classique, mais je suis persuadée que ce nous appelons « santé » est entièrement à notre portée et la souhaiter l’apparente aux conditions météos! Je devrais vous souhaiter l’abondance? J’attends l’abondance comme j’ai attendu des bus mais là aussi, je sens que celle qui fait le souhait a un travail à faire avant qu’elle arrive!

Ah, ça y est… je vous souhaite ce que chaque molécule sur cette planète recherche, la base de toute vie ici, fondamentale si ce n’est vitale pour tout mammifère. Je vous souhaite ce dont nous avons besoin tous sans trop le savoir : la connexion.

C’est une des premières choses qu’on remarque quand on arrive dans ma maison en Ardèche. La plupart de portables ne captent rien ici, oubliez vos 3G et vos H, vos E et tout le reste : le brin de signal que je peux capter, perchée immobile dans des endroits précis de la maison n’est même pas digne d’une lettre. Puisque nous sommes dans une zone blanche où l’internet arrive par satellite et la connotation des mots « illimité » et « haut débit » est tout à fait différente du monde « d’en bas », cette connexion-là est également absente. Qu’est-ce qui reste donc?

La connexion avec la nature et les éléments, pour commencer. Les vents qui m’ont fait croire que j’étais arrivée dans les Hauteurs de Hurlevent au début (ils se sont calmés depuis); le bruit de la source qui coule constamment dans la cour, (même si au mois d’août, elle coulait plus comme ma connexion internet); l’air pur, un ciel dégagé 90% du temps avec une vue imprenable sur les Alpes à 300km (et la vallée du Rhône remplie de pollution aussi); une lumière cristalline, une clarté, qui remplit cette maison bourgeoise et donne une impression d’espace, de possibilité, d’ouverture; et dans la cheminée que nous avons récemment découverte dans la partie de la maison qui date de 1621, IMG_6543une déesse, qui souffle dans deux cornes de l’abondance, entourée de ses deux agneaux et du blé. Et à quelques minutes de la maison, des forêts, une petite rivière qui coule ou non selon la saison. Nous avons atterri dans un lieu où la connexion à la nature s’impose.

Il y a la connexion avec les autres, où ma maison commence à s’ouvrir, à accueillir, pour des cercles et des stages, des fêtes et de la farniente. Quand le temps s’arrête et nous nous retrouvons dans un endroit où tous nos petits écrans ne fonctionnent plus, où les repas sont sources d’abondance, alors nous flânons, nous causons, le temps se dilate encore et encore et le petit déjeuner dure deux heures. Quand je contraste ces moments chaleureux à des moments d’isolement froids et souffrants (je ne parle pas de la solitude bienfaisante), je ressens pleinement la nécessité de ces liens aux autres.

Enfin, il y a la connexion avec soi-même, que je songe créer grâce à mon travail, ce qui me laisse dans l’étrange position de donner des stages pour convaincre d’autres que je n’ai pas toutes les réponses, mais eux oui. Je ne prétends pas être un gourou, ni même une femme qui maîtrise tout ce qu’elle transmet. Mais si j’ai appris une chose, c’est que je n’ai plus envie de retourner dans l’était de déconnexion qui a caractérisé la plupart de ma vie.

Personne ne se déconnecte de soi-même par choix, du style, « qu’est ce que je vais faire avec mon samedi soir? Ah, je sais, je vais me défoncer jusqu’à l’oubli, mettre ma vie et ma santé en péril, pourquoi pas? » Nous choisissons la déconnexion par nécessité, comme défense car rester présent à la souffrance est trop douloureux.

J’ai entendu une phrase d’un grand homme que j’admire, Dr Gabor Maté, qui a dit lors d’un interview que notre holding_hands2rôle principal en tant que parents est d’être tellement sécurisants pour nos enfants qu’ils n’auront jamais à se déconnecter d’elles-même, et de manifester tant d’amour dans leur présence qu’ils sauront que l’Univers est l’Amour. La plupart de nos difficultés psychologiques et émotionnelles viennent du fait que nous sommes déconnectés de nous-mêmes. Si nous étions connectés, nous saurions dire non à ce qui nous nuit et oui à ce qui nous ressource. Mais nous sommes tellement déconnectés, qu’à l’image de nos systèmes immunitaires qui ont tendance à partir à la dérive (allergies etc), nous faisons trop souvent l’inverse. Les enfants en général savent instinctivement si une situation ou une personne est nocive ou bénéfique, or les adultes leur ôtent cette capacité en leur disant « ce n’est pas grave » quand c’est, que « ça ne fait pas mal » quand ils sont blessés et de mettre un manteau parce que EUX ils ont froid. Ils leur disent « ce n’est rien » quand leurs tripes leur disent le contraire et préfèrent les laisser dans le silence que de leur dire des vérités difficiles. Il y a une pléthore de petites phrases anodines qui éloignent subtilement l’enfant de ce qu’il ressent, des phrases que nous ne comptons même pas comme des violences.

Nous connaissons bien les formes d’adversité qui peuvent faire qu’un enfant souffre : des abus de tout genre, le rejet, l’abandon, l’humiliation, le jugement. Cependant c’est moins les événements même qui sont traumatisants mais la déconnexion qui s’ensuit, moins les abus-mêmes mais le chape de silence qui les couvre. Dans l’expérience du Visage Impassible, nous constatons en moins d’une minute, la détresse d’un enfant face à un visage impassible – quid donc d’un tout petit face à un visage cruel ou colérique, ou un visage qui pourrait passer d’impassible à hostile à tendre de manière si imprévisible que pour se protéger, l’enfant n’a guère le choix que la déconnexion? L’attachement, le besoin encore plus fondamental que le besoin de manger est endommagé, les circuits neuronaux sont atteints.

J’écris en connaissance de cause. Enfant d’une mère narcissique, dépressive et abusive qui avait rarement recours à d’autres outils que ses mains et sa langue, j’ai grandi seule et dans la déconnexion, il le fallait bien. En tant que jeune adulte, j’ai trouvé une multitude de moyens de ne pas être présente à moi-même, les jeux, l’alcool, la drogue, le sexe, la nourriture, plus tard les écrans. Aujourd’hui, je peux dire que le travail de conscience de mon cycle, ma compagne ces six dernières années, m’a ramenée en présence à moi-même, plus que toutes les thérapies que j’ai suivies, plus que tous les livres de développement personnel.

Aujourd’hui, si je devais résumer mon travail, j’aimerais dire que je suis une facilitatrice de connexion. En tant que telle, je suis hautement consciente de tout ce qui entrave la connexion, particulièrement avec d’autres. Puisque vous avez lu jusqu’ici, je vais supposer que vous êtes un être conscient qui cherche de la conscience, car à part mon article « Belle Toute Nue » il y a quelques années, lu par des millions à ce jour (rien de mieux pour augmenter son lectorat que mettre le mot « vulve » comme mot clé!) la plupart de mes articles font appel à des personnes en quête de mieux vivre et mieux (se) comprendre. À mon sens, la plus grande erreur que nous faisons, y compris des personnes ouvertes et conscientes comme vous, est celle de juger. C’est une façon de refuser la différence, de l’éloigner, je pense parce que nous vivons dans un monde tellement démesuré que nous avons besoin de cataloguer autrui, simplement pour nous préserver. Or, quand nous jugeons, nous empêchons la connexion. La personne en face, jugée, se met en mode défensif, et jusqu’au niveau moléculaire, nous ne pouvons pas être en mode défensif ET en mode de croissance en même temps.¹

Quelles que soient vos convictions, vos causes, l’allaitement, le véganisme, l’anti-nucléaire, le crudivorisme, l’éducation alternative, la protection des animaux, peu importe – comment faire face à celui qui ne partage pas votre point de vue, voire s’y oppose? Si par le jugement seul, nous pourrions faire disparaître l’Autre, notre Ombre, le monde serait bien moins peuplé. Si vous faites le choix de vivre autrement, dans une communauté intentionnelle (lire des annonces : « sans tabac, drogue. alcool, viande, CNV only svp »), quelque part, vous ne faites pas face à l’autre, vous l’évitez. Le vrai travail, pour nous tous, est de vivre avec l’altérité sans jugement. Quand le jugement intervient, nous ne sommes plus dans la connexion, no us repoussons l’autre et sa différence, souvent malgré notre désir sincère de convaincre. Comment défendre ce qu’on croit SANS exclure ou rejeter l’autre? Comment cheminer et permettre l’autre de cheminer aussi?

Donc pour 2017, c’est décidé : je vous souhaite une année remplie de connexions, libre de jugements, une année relié à vous-même, aux autres, à la nature que nous négligeons… Tout le reste suivra. Bonne Année! – Jacqueline

 

¹Dr Bruce Lipton – La Biologie des Croyances http://hypnoform.fr/biologie-croyances-resume-3/

Laisse une réponse

Conception et réalisation : Sur Mesure concept