Les Gardiennes m’accompagnent….

Les Gardiennes m’accompagnent….

Quasiment quatre mois se sont écoulés depuis mon dernier article, quatre mois de remises en question sans fin. Chaque domaine de ma vie est concerné : qui suis-je en tant que femme? en tant que mère? en tant que fille? en tant que femme active? Ma vie ressemble à un géant chantier ouvert – sans signes visibles de maître d’œuvre ni d’ouvriers, comme si tous ont abandonné la zone faute de guidance d’une architecte. L’architecte est désemparée, se demande si elle ne s’est pas trompée de voie…

Ces derniers mois ont été éprouvants.

Aujourd’hui, avec le petit groupe de 2017, nous avons repris le Conseil des Anciennes des 13 Lunes, après une longue césure. Suite aux aléas de la vie, nous avons dû annulé la rencontre de juin-juillet. Puis est arrivé le mois d’août et nous sommes en France – j’ai horreur d’imaginer ce qui se passent si les gens ont envie de se faire opérer pendant ce mois-là. Bref, quatre mois ont passé sans que les Gardiennes se sont pointées pour remettre tout en perspective. Ceci est la cinquième année que je vis avec cet enseignement, deux années où je l’ai reçu et trois où je l’ai transmis. Quand je l’ai commencé en janvier 2013, pile au moment où je me suis déclarée en auto-entrepreneur, mon ex-mari venait de quitter définitivement la maison après plus de quatorze ans de vie commune. Depuis ce temps, les Gardiennes sont mes visiteurs mensuels, mes guides, mes compagnes. Et pour la première fois en quatre ans et demi, je me suis retrouvée sans elles.

J’aurais pu à tout moment reprendre le fil et revisiter ces histoires, mais sans un groupe à nourrir, je n’y ai pas pensé. Certaines reconnaitront un des travers d’un fonctionnement féminin – je donne aux autres et je m’oublie. Or au mieux de mon rôle de transmettrice, j’arrive à être lucide et honnête sur ce rôle de Celle Qui Donne et à savoir que je donne à moi-même à travers ce que j’offre aux autres. Je suis la première bénéficiaire de tout ce que je transmets sans mes stages et dans cet enseignement oral.

Mais nous avons tendance à oublier l’essentiel parfois, n’est-ce pas?

Dans mon cas, je me suis ensevelie sous mon histoire, terrassée par le poids de mon passé. « Comment pourrais-je rayonner, transmettre aux autres, quand je ne vois plus ma propre lumière? »  « Qu’est-ce qu’une femme aussi brisée que moi pourrait possiblement apporter aux autres? » Et le plus sournois : « Il y a tant d’autres qui pourraient faire ça mieux que moi… »

La magie de cette transmission amérindienne réside dans la capacité improbable de ces histoires des Gardiennes  de venir résonner avec les vies de chaque femme présente. Ce matin, nous avons vidé nos sacs dans le cercle de parole, racontant les événements depuis notre dernière rencontre. Cet après-midi, sous un ciel d’automne, nous avons reçu l’enseignement de la 6ème Gardienne, la Conteuse, qui avait quelque chose à dire à chacune d’entre nous. Les autres la découvraient mais pour moi, je l’ai entendue pour la cinquième fois en cinq ans – et pourtant, comme à chaque fois, elle m’a parlé comme si c’était pour la première fois, car ses mots tombaient dans les oreilles d’une femme différente de celle que j’étais en 2016, ou 2015, etc. Quand l’histoire parlait d’une étoile qui s’appelle Celui Qui Oublie de Scintiller, mes lèvres s’incurvaient en sourire en lisant les mots.

Car oui, j’ai oublié de briller. J’ai oublié de scintiller et de rayonner. Non pas pour les autres, bien que ça les touche aussi. Mais surtout pour moi-même. Accablée par les démons de mon passé, je ne pouvais plus briller et tout ce que je ressentais n’avait plus de sens.

Pendant des années, j’ai été celle qui accompagne – j’ai dispensé ma sagesse aux autres (écrit avec un bon brin d’ironie). Mais depuis 18 mois, je ne suis plus accompagnée. Ceux qui me connaissent ont entendu mon refrain habituel – je suis seule à tout faire. S’il y a un évier à déboucher, un ourlet à coudre, un repas à préparer, une facture à payer, une émotion à accompagner, c’est à moi de le faire. Puisque les Gardiennes faisaient partie de mon activité professionnelle, j’ai perdu de vue comment elles m’ont accompagnée et guidée personnellement ces dernières années.

Qu’est-ce que je suis heureuse de renouer avec elles! Leurs voix me ramènent chez moi, me rappellent à l’ordre, me rappellent que je ne suis pas ici juste pour souffrir mais pour transformer la souffrance en lumière. Je ne suis pas la seule qui a grandi sans une mère douce, aimante, cadrante. Cheminer avec les Gardiennes c’est découvrir une vraie féminité, pas un féminin dénaturé par la compétition, la rivalité, la mesquinerie. C’est créer un cercle de femmes à l’image de ces Mères bienveillantes qui se démènent avec les mêmes épreuves que nous. C’est se trouver nourries et guéries par la profonde féminité.

En janvier, il y aura une nouvelle session qui démarre, avec un rythme d’une rencontre mensuelle. Ça se passera chez moi à Préaux 07, probablement en semaine – mais qui sait? Si des rencontres entre femmes dans une campagne magnifique (à 1h20 de Lyon et à 1h de Valence) vous intéressent, faites-moi signe. Plus d’infos en bas du texte *

Et pour répondre à mes questions d’auto-flagellation – quoi? tu te croyais la seule à jouer ce jeu? :

« Qu’est-ce qu’une femme aussi brisée que moi pourrait possiblement apporter aux autres alors? » À commencer par la notion que nous pouvons évoluer à partir d’un passé lourd, que les personnes les plus spirituelles et ancrées que je connais arrivent à équilibrer le passé et le présent. Elles n’ont pas besoin de gommer les aspérités de leurs vies mais elles savent que le fait de lutter et de persévérer et la volonté de transformer leurs aspects sombres sont de formidables atouts.

« Il y a tant d’autres qui pourraient faire ça mieux que moi… » Et personne qui pourrait transmettre exactement comme moi! Je ne pense pas qu’il y a grand monde en France qui a été formé sur le cycle féminin par exemple et qui transmet son savoir depuis plus de cinq ans. Et personne qui a eu le même parcours biscornu que moi!

Je suis qui je suis, et en plus, je me suis souvenue que je ne suis jamais seule.

Jacqueline Riquez

* 13 rencontres dans l’année, une première rencontre sans engagement. Par la suite on s’engage à quatre sessions à la fois. Par exemple, en janvier, on décide de poursuivre avec l’enseignement – on donne 4 chèques pour les sessions suivantes qui sont encaissés au fur et à mesure. Au mois de mai, chacune est invitée à engager pour les séances suivantes, etc. Lors des journées, nous essayerons de passer du temps dehors dans la nature; en plus du cercle de femmes et de l’enseignement, nous ferons des rêves éveillés, des voyages au tambours; nous fabriquerons des objets sacrés; et le long de l’année, chaque femme fabriquera son propre bouclier de protection. Chaque rencontre commence vers 9h30 et termine vers 17h – nous pouvons modifier les horaires avec le consensus du groupe. Le midi, nous partageons un repas convivial. Il y a moyen de dormir sur place la veille et le soir de la rencontre si ça facilite vos déplacements. Typiquement, les séances ont lieu le lundi : si suffisamment de personnes s’y intéressent, elles pourraient avoir lieu en weekend. Les séances coûtent 70€ chacune – vous pouvez me contacter si vous avez des difficultés financières. Au plaisir de partager cet enseignement avec vous! – contact.entente@gmail.com ou par téléphone 09 78 23 47 72 ou 06 19 07 27 25.

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