Lorsque la sexualité sommeille…

Lorsque la sexualité sommeille…

Si nous entendions parler de quelqu’un qui passait un mois sans boire ou sans manger, nous serions choquées. Si quelqu’un parlait de vivre dans la douleur constante, nous serions inquiètes. Toute personne qui a vécu des mois de sommeil haché quand un bébé arrive a pu toucher du doigt l’efficacité de la privation de sommeil comme méthode de torture. maslow2

Mais il y a un besoin fondamental (comme le décrit Abraham Maslow dans la hiérarchie des besoins – ci-contre) que nous sommes nombreuses à négliger pendant des semaines, des mois, voire des années : le besoin d’activité sexuelle. Serions-nous aussi choquées de savoir que quelqu’un n’a pas eu de plaisir sexuel pendant un mois? La réalité c’est qu’en général, nous ne le savons pas, car notre intimité sexuelle est rarement un sujet de conversation, d’autant moins si cela concerne nos difficultés. Mais entre toi et moi, chère lectrice, nous savons bien quand la sexualité sommeille.

Pendant longtemps, c’était mon cas. L’évitement de la sexualité dans un de mes anciens couples était devenu ma stratégie pour rester en sécurité émotionnelle, pour protéger ce qui était fragile en moi. Aujourd’hui je me pose la question : Qu’est-ce qui fait que cette pulsion naturelle et instinctive passe en mode « hibernation »? Pour moi, c’était lié à des facteurs internes, aux blessures personnelles que cette relation-là révélait et que je ne savais point gérer. Face aux difficultés dans le présent qui s’associaient inéluctablement à celles du passé, je me sentais démunie. Il était devenu plus évident d’enterrer ma sexualité, d’étouffer mon désir, plutôt que de faire face à tout ce qui me peinait. Il n’y avait que la puissance de l’ovulation qui arrivait à percer l’armure que je m’étais choisie, une sortie mensuelle qui relevait plus d’une histoire d’hormones que de désir. Plus les blessures s’accumulaient, plus la porte de la sexualité se fermait.

Sous les jupons de la Tente Rouge, j’entends que je ne suis pas la seule. Pas la seule qui, consciemment ou non, s’est cachée derrière le stress du travail, derrière la maladie et la souffrance, derrière les maternités, ou derrière les allaitements longs et le co-dodo, tout ça pour ne pas affronter la tâche délicate et confrontante d’accorder ma sexualité avec celle de mon partenaire. Je pense qu’il y a peu de gens pour qui la sexualité est « un long fleuve tranquille ». Quand nous tissons une entente intime avec un partenaire, nous sommes touchées au cœur de notre  vulnérabilité.

Tant d’encre a déjà coulé sur les aléas de la sexualité en couple, tant d’articles sur « comment redonner du piment », ou sur la profonde solitude qui peut exister à l’intérieur du couple, que la question semble devenue un cliché. Mais quand nous sommes « célibataire », quand nous nous retrouvons seule dans le désert, l’oasis du partenaire accueillant même pas visible sur l’horizon, comment faire? Arrêtons-nous de vivre notre sexualité? Finalement, que nous soyons en couple ou que nous soyons seule, notre sexualité reste notre responsabilité.

danceQuelle que soit notre situation, nous avons intérêt à maintenir allumée la flamme de notre sexualité en la nourrissant régulièrement. Nous sommes souvent conditionnées à considérer que la sexualité est quelque chose qui existe pour être partagée avec l’autre au point où nous en négligeons les premiers bénéficiaires : nous-mêmes! Arrêtez-vous de manger ou de boire quand vous n’êtes pas en couple? Déjà qu’il peut être pénible d’être célibataire,  on ne va pas en plus enfoncer le clou en se privant de plaisir sexuel – cela ne rime à rien! Soyons pragmatiques : vivre notre sexualité nous fait du bien! Chaque partie de plaisir, chaque jouissance est un moment unique, magique, de plaisir fort et d’abandon, de don de soi et de relâchement, bref de bien-être. Un cadeau à nous offrir quelle que soit l’occasion…

Malgré des mœurs qui évoluent, nous sommes encore teintées de nos éducations et des effets d’une culture judéo-chrétienne où le plaisir est un pêché, où le sexe (en dehors de la poursuite noble de la reproduction) est honteux. Si le sexe en compagnie d’un autre est mal vu, le plaisir solitaire souffre d’encore plus de jugements. Autrefois, le terme médical pour la masturbation en anglais était ‘self-abuse’ – l’abus de soi! Ne serait-ce pas plutôt un acte d’amour envers nous-mêmes? Nous nous offrons la possibilité de plaisir sexuel, qui nous fait du bien sur tous les plans. Si je n’ai pas connaissance de ma propre « cartographie de plaisir », comment vais-je aider un partenaire à naviguer dans la haute mer de mes zones érogènes? On m’a demandé lors d’un stage si la sexualité avait une « demeure » naturelle au cours du cycle féminin… Oui, à tout moment – si ça vous chante! Tout comme la créativité, c’est un élan vital, qui ne sera pas vécu de la même manière, selon la phase du cycle. Expérimentez, découvrez en quoi les sensations sont différentes en fonction de la phase, notez comment vos désirs fluctuent, sentez que le désir de la première semaine n’a rien à voir avec celui de la dernière. En tant que femme, il nous est offert une riche gamme d’expériences… mais il faut être éveillée pour les vivre! Lorsque nous nous coupons de notre sexualité, lorsque que nous la laissons sommeiller, nous nous privons de cette succulence, de cette sève vitale. Nous nous séparons alors de ce mouvement constant d’énergie qui se situe dans notre bassin. Nous risquons ainsi de nous éloigner de ce qui nous nourrit au plus profond de nous-mêmes. Quel bonheur de se sentir la vie dans son bassin, la fluidité des déhanchements, la circulation de l’énergie au cœur de notre féminité!

Comment réveiller cette « Belle au Bois Dormant? » Attendre le baiser magique d’un Prince Charmant, quitte à patienter cent ans? Connectez-vous à votre bassin, le creuset-même de la féminité. Mettez une musique qui vous plaît et sentez votre bassin bouger avec, laissez les petits mouvements entraîner les grands. Offrez-vous des DVD de films qui vous ont fait battre le cœur, ceux dont le héros vous fait un si grand effet. Achetez un œuf de jade, ou mieux encore découvrez comment vous en servir avec la fabuleuse Maeva Poornima, dans ses stages respectueux, bienveillants et discrets. Repassez-vous avec gourmandise les bons souvenirs des amants d’antan. Pas de bons souvenirs? Alors, imaginez, brodez, fantasmez pour en créer! Et si vous êtes libre les 11-12 octobre, venez nous rejoindre pour le stage Enchanteresse des Voies Féminines, pour contacter l’archétype de cette femme magnifique et puissante qui habite l’automne.

Au plaisir…

 

© Jacqueline Riquez

Avec mes remerciements à Else Oreve pour la relecture.

 

 

Une réponse à Lorsque la sexualité sommeille…

  1. […] nouvel article se trouve sur le site d’Entente Féminine, où vous trouverez tous les anciens articles du blog. Ce blog sera bientôt […]

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