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Nous le valons bien… un plaidoyer pour l’intérêt personnel éclairé | Entente féminine
Nous le valons bien… un plaidoyer pour l’intérêt personnel éclairé

Nous le valons bien… un plaidoyer pour l’intérêt personnel éclairé

Le processus d’écrire est toujours cathartique pour moi. Je me suis réveillée à 6h ce matin avec l’envie pressante d’écrire cet article « Vous le valez bien, » après une semaine intense de grands questionnements sur la valeur de mon travail.

La semaine dernière, ma recherche pour des lieux de stage pour 2016 m’a mis en contact avec la charmante Hélène Cocciovitch qui propose une salle et un accueil fabuleux au nord de la Drôme. Mais il y avait un bémol : l’obligation d’être en pension complète, doublant le coût total du weekend. « Dans mon expérience, les gens aiment bien pouvoir venir et qu’on s’occupe pleinement d’eux, » m’a-t-elle expliqué.

holding_handsJusque là, je ne l’aurais pas donné raison. Mon expérience a été que souvent les femmes allaient à reculons vers ce travail sur leur cycle et sur les cycles lunaires et solaires dont elles sont le reflet. Pour un stage de Qi Gong ou de yoga où on va apprendre un technique, peut-être nous sommes prêtes à « mettre le paquet. » Mais des stages pour mieux comprendre notre féminité, trouver notre équilibre grâce à la conscience et l’expérience de nos cycles? Ça se justifie à peine! Quoi de plus égoïste et nombriliste?! Il y a même eu des stagiaires qui ont rusé pour justifier de leur absence à leurs entourages, en prétextant un stage pour apprendre à… (chut!) Même avec Féminaissance, nous nous heurtons à des femmes qui hésitent à passer une journée avec nous (au prix faramineuse de 8€!) car nous n’accueillons ni enfants, ni hommes.

Voilà toute notre difficulté en tant que femmes : notre culture est arrivée à un point où nous valorisons tellement certains aspects de la féminité que les autres aspects n’ont plus de valeur.  Notre société attribue tant de valeur à la jeune femme et à la mère, reflétées dans le printemps et l’été de nos cycles et bien sûr dans nos vies de femmes, que l’Enchanteresse et la Femme Sage de l’hiver et de l’automne, deviennent dépourvues d’intérêt. À quoi ça sert une femme qui a plus de 40 ans? Ce qui est problématique dans notre culture, car nous négligeons la ressource fabuleuse et peu connue qui est la femme mûre, mais doublement troublant parce que ces phases sont présentes chaque mois de nos vies cycliques. À chaque cycle, il va y avoir une impulsion en nous de nous occuper de nous-mêmes, de la même manière qu’une expiration entraîne une inspiration. Nous allons gentiment ignorer cet appel à l’égoïsme – car c’est ainsi que nous finissons par le qualifier – tout en laissant le conflit se brasser en nous… jusqu’à ce qu’il explose. « Elle va avoir ces règles, » marmonne l’entourage en levant les yeux au ciel. Genre de commentaire qui me fait regretter l’inaccessibilité d’armes à feu…

Nous avons affaire à ces archétypes de la femme sauvage pendant la moitié de nos vies cycliques et nous leur tournons le dos… La culture aurait bien induit ce fonctionnement mais nous finissons par être complices. À chaque fois que nous mettons nos besoins en bas de la liste de choses à faire ; à chaque fois que nous nous effaçons pour ne pas gêner l’équilibre familial ; à chaque fois que nous repoussons au lendemain ce qui est vital pour nous aujourd’hui. Il n’ y aura jamais un moment où toutes les tâches ménagères sont faites, où tous les besoins des autres sont assouvis, un moment un grand espace s’ouvrira où vous aurez les moyens de vous occuper de vous-même sans gêner qui que ce soit.

Il y aura toujours plein de bonnes raisons de ne pas vous occuper de vous-même. Et une bonne raison pour : Alexandra Pope l’appelle Enlightened Self-Interest, L’Intérêt Personnel Éclairé. Ce n’est pas l’égoïsme. C’est reconnaître qu’en nous occupant de nous-mêmes, nous nous servons, certes, mais en plus nous servons mieux autrui. Nous donnons d’un endroit où nous nous sentons nourries. Nous pouvons donner, sans risque de nous épuiser, car nous avons pris soin de faire nos réserves personnelles.

Bien que j’aie commencé à écrire cet article en revendiquant mes stages en gestion libre, il y a eu une prise de conscience quelque part entre le premier et le deuxième paragraphe. En voulant rendre ce travail accessible au plus grand nombre, en proposant des tarifs réduits, des paiements en plusieurs fois, et la possibilité de se restaurer aux moindres frais, je suis consciente de rentrer dans cette logique de « vous ne valez pas plus »… Et comment cela pourrait s’appliquer à moi, à la valeur de ce que je propose…

Souvent en stage, prises par la magie envoûtante d’une sororité jusque là inconnue, les femmes sortent « Vous êtes si belles toutes… » et chacune signifie son accord. Mais si chacune pense « vous êtes si belles », logiquement ça veut dire que « Nous sommes si belles toutes ». Alors l’article a changé de nom et je pense qu’en 2016, il y aura une proposition des Voies Féminines dans un lieu avec pension complète.

Car nous le valons bien!

 

de Jacqueline Riquez

 

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